Quelques conseils pour bien reussir son jardin


Sommaire

1 – Bien préparer son sol

Le sol est constamment en mouvement et peut toujours être amélioré. Oui, il y a des sols meilleurs que d’autres, mais avec de bons outils on peut vite améliorer la fertilité d’un sol pauvre.

Il y juste deux ou trois trucs à savoir.

Bien respecter les strates du sol.
Si vous démarrez un jardin sur une pelouse ou sur une terre qui n’a pas été cultivée depuis longtemps, un labour du sol pour commencer est souvent une bonne solution. Ensuite je vous recommande l’utilisation de la grelinette, car cet outil, muni de 2 manches, permet de travailler debout et d’aérer le sol sans le retourner.

Bien fertiliser son sol.
L’azote est le carburant de la vie du sol, sans azote l’activité est réduite et le rendement des cultures est plutôt maigre. En maraîchage la dose de fertilisation varie de 30 à 60 tonnes/hectare tous les 3 ans. Ce qui représente 0,5 kg à 1,5 kg/m². Dans le cas d’un sol très pauvre, je conseille, pour la premières année, d’en mettre plus, une demie à une brouette entière par m² et de le laisser sur le sol tout l’hiver. Puis de le mélanger au sol ou de pailler par-dessus.
La plupart des fumiers sont bons si ils ne sont pas trop frais (6 mois minimum). Préférez un fumier biologique que vous trouverez à côté de chez vous.

Bien pailler son sol.
Le paillage protège le sol des grosses pluies et préserve l’humidité. Il nourrit aussi la vie du sol en se transformant en engrais.

Inoculer son sol avec une bâche.
On peut aussi utiliser une bâche noire pour inoculer le sol. Soit à la fin d’une culture (afin de tuer les végétaux présents), soit à l’automne sur un sol déjà préparé avec la grelinette par exemple (pour laisser le sol se reposer sous la bâche afin de semer une culture de printemps type carotte, poireau…). L’action de la bâche aura endormi le sol et les adventices seront moins invasives.

Bien respecter les rotations de culture.
La rotation de culture est d’au moins 4 ans avant de re-cultiver la même variété au même endroit. Sinon, on augmente le risque de carence dans le sol et les plantes vont être plus vulnérables aux ravageurs.

Engrais vert :
Implanter des engrais verts dès que les cultures sont finies, comme à la fin de l’été (moutarde, phacélie, sarrasin, vesce…).

Préparation d’élixirs de plantes :
Améliorer les résistances des plantes grâce aux préparations de plantes (purins ou décoctions).

Au bout de 2 à 3 ans, on a déjà des résultats visibles, mais les années se suivent et ne se ressemblent pas.

 

2 – Pourquoi pailler le sol

Le paillage est un outil qui fonctionne très bien, mais qui a besoin d’être bien adapté en fonction de la culture que l’on désire.

Il existe plusieurs types de paillage :

le paillage de paille ou foin.
Ce paillage est très efficace pour reprendre une parcelle qui est enherbée (quand on a laissé le jardin de coté). Ce paillage est à poser sur le sol plutôt vers l’automne, 30 cm bien tassés, sinon les mauvaises herbes arrivent quand même à passer au travers. Au printemps je fais des trous et je plante courges, courgettes, tomates, pommes de terre, choux.

Le paillage de tonte de pelouse.
Ce paillage est a utiliser en petite couche (pas plus de 5 cm) sinon il fait de la choucroute et n’arrive plus à sécher. En petite quantité, il fonctionne très bien. Ce paillage est idéal à mettre autour des salades, poireaux, concombres et bien d’autres légumes.

Le bois broyé.
Ce paillage est plutôt a utiliser sur les sols très secs (lande, sol caillouteux) et autour des petits fruits. Il faut en mettre une bonne quantité : 15 à 20 cm d’épaisseur, pour que ça marche bien.

3 – L’arrosage

Sans eau, la culture des plantes est vraiment difficile. Et, à l’inverse, passer un été à arroser le jardin tous les jours n’est pas conseillé.

● Un sol vivant a plus de capacité à garder l’eau car la vie du sol, avec ses bactéries, champignons, vers de terre et autres, contient de l’eau et peut la mettre à disposition pour les plantes en cas de besoin.

● Le paillage aide énormément au maintien de l’eau dans le sol. Il réduit l’évaporation et stimule la vie du sol (les bactéries restent en activité tant que la terre est humide et à l’ombre).

● La construction d’une mare au milieu du jardin est une bonne façon de s’approvisionner en eau. La mare augmentera la biodiversité du jardin.

● Pour le repiquage des plants, bien arroser à la plantation !! Puis, il est préférable d’arroser le soir ou le matin et de faire un gros arrosage par semaine ou par mois plutôt que plusieurs petits (autant arroser une bonne fois 10 ou 15 litres par plant).

4 – Les limaces

Les limaces sont l’ennemie publique n°1 du jardinier… Il n’y a pas de recette anti-limace miracle. Mais on peut quand même réussir à s’en débarrasser.

● On a testé plusieurs choses, et ce qui marche le mieux, c’est le féramol (utilisable en agriculture biologique, ce sont des petites croquettes de cuivre et d’oxyde de fer qui déshydratent les limaces), que l’on dépose autour des jeunes plantations.

● Oui, le paillage attire les limaces, mais il finit aussi par attirer ses prédateurs car la sélection des limaces se passe dans le sol. Un limace peut pondre jusqu’à 300 œufs et c’est à ce moment là que les prédateurs vienne réguler la surpopulation en mangeant les œufs (qui sont bien meilleurs qu’une limace adulte). Parce qu’une fois adulte, la limace ne trouve que peu de prédateurs (hérisson, serpent, grenouille…). Ne nous arrêtons pas de pailler, au contraire.

5 – La culture en serre

Nous sommes de plus en plus à cultiver dans une serre. Surtout pour cultiver des tomates. La serre apporte des avantages, mais aussi des inconvénients.

La ventilation de la serre est très importante, car si la serre est mal ventilée, on peut vite attraper le mildiou. Il vaut mieux qu’il fasse un peu frais que trop chaud et humide.

● Attention aussi à faire une bonne rotation (3 ans minimum) avant de revenir sur la même culture. Profitez de l’hiver pour cultiver d’autres familles que celles des tomates, comme des crucifères, alliacés, salades. On peut aussi associer d’autres légumes avec les tomates (oignon, carotte, ail… )

● Veiller à la bonne fertilisation de la serre, car la serre peut vite devenir un endroit stérile ou plus rien ne poussera. Ajout de compost de maison, fumier, paillage avec de la tonte de pelouse.

● L’utilisation des engrais verts dans la serre est aussi un bon moyen pour maintenir la fertilité du sol.

6 – La culture de la tomate

La tomate est le légume le plus cultivé au monde. En général, on adore les tomates et encore plus les tomates anciennes. Mais il y a cet impitoyable mildiou qui peut nous détruire une belle récolte en quelques heures. Comment protéger nos cultures du mildiou ?

● La taille des tomates est à mon avis nécessaire, surtout en Bretagne, car les étés sont trop humides et si l’on ne taille pas, l’humidité reste à l’intérieur du plant et là, c’est mildiou assuré. On pense souvent que le mildiou arrive par la taille, mais non, il arrive souvent par les extrémités des feuilles. Cependant, il est important de tailler les tomates avec un cutter pour laisser une coupe propre et nette. Il est important de ne pas oublier de tailler les deux premiers mois de la culture (surtout au mois de juin), bien enlever les gourmants et certaines feuilles.
J’ai réalisé une vidéo sur la taille de la tomate à regarder sur notre site (www.atelier-des-bon-plants.fr)

● L’utilisation de la prêle en pulvérisation fonctionne plutôt bien. J’ai testé une recette qui a marché sur les tomates, mais il faut la pulvériser plusieurs fois selon le temps (de 3 à 6 fois).

● La tomate n’a pas besoin d’un arrosage excessif ; d’ailleurs, moins on l’arrose, mieux elle résiste aux maladies.

7- La culture de l’aubergine et du poivron

La culture de l’aubergine et du poivron en Bretagne n’est pas évidente. On manque de chaleur. Mais avec une bonne bâche noire, on peut faire des miracles.

● Le choix des variétés est important. Certaines variétés réussissent mieux en serre et d’autres, dehors. Pour les poivrons, il vaut mieux préférer les carrés pour la serre, et les longs pour dehors. Pour les aubergines, les
« normales » iront mieux en serre et les plus petites en extérieur. L’aubergine greffée fonctionne très bien.

● Pour préserver la chaleur, on peut planter les aubergines et les poivrons sur bâche noire. Cela permettra de bien réchauffer le sol.

● Il est important de bien arroser, car l’aubergine et le poivron adorent l’eau (1 à 2 fois/semaine les 2 premiers mois). Le meilleur moment pour arroser est le matin.